À travers le jugement 155/2025, rendu le 13 février, la Cour suprême a introduit une plus grande flexibilité dans l'interprétation des critères pour l'octroi de la nationalité espagnole par résidence. Cette décision met l'accent sur l'exigence d'« intégration dans la société espagnole », soulignant que des normes rigides et uniformes ne devraient pas être appliquées pour répondre à ce critère. Il est plutôt essentiel de prendre en compte les circonstances individuelles du demandeur.
Dans le cas analysé, la cour a clarifié que le fait de ne pas fournir un certificat d'inscription au registre municipal ne devrait pas être automatiquement interprété comme un manque d'intégration dans la société. Ce document, qui certifie la résidence habituelle, peut être remplacé par d'autres moyens permettant de démontrer la résidence du demandeur. De même, la Cour suprême a souligné que l'absence de preuve de moyens de subsistance propres ne devrait pas être une raison pour refuser la nationalité, car cette exigence n'est pas formellement établie dans les procédures de demande de nationalité, bien qu'elle soit requise pour l'obtention d'un permis de résidence.
Le jugement met en lumière que l'analyse de l'intégration doit prendre en compte une variété de facteurs personnels et sociaux. Dans le cas spécifique, le demandeur était marié à une citoyenne espagnole, formant une unité familiale stable et disposant de revenus suffisants provenant de l'époux. Ce lien matrimonial est présenté comme une preuve clé de son intégration dans la société espagnole. En outre, le demandeur remplissait d'autres critères importants, tels que la résidence légale et continue en Espagne pendant la période stipulée, des rapports favorables des autorités de police et un casier judiciaire vierge, la réussite aux examens sur les connaissances constitutionnelles et culturelles, ainsi que des documents suffisants pour prouver un domicile connu.
La décision établit également que l'administration a l'obligation d'évaluer de manière motivée les circonstances personnelles et sociales de chaque demandeur, en évitant l'application de critères généraux ou a priori susceptibles d'exclure des cas valides. L'approche flexible promue par la Cour vise à garantir que l'évaluation de l'intégration soit inclusive et fournisse une analyse adaptée à chaque situation particulière.
En conclusion, le jugement souligne l'importance de considérer l'intégration dans son sens le plus large, englobant non seulement les aspects économiques, mais aussi les relations familiales, culturelles et sociales qui démontrent le lien du demandeur avec la société espagnole. Avec cette décision, la Cour suprême établit un précédent pour un traitement plus humain et personnalisé des demandes de nationalité par résidence, renforçant les principes de justice et de proportionnalité.